Aven de l’Air Chaud

Nous nous sommes rejoints vers 8h en bord de route, devant la boulangerie de Saint-Vallier. Au petit matin de ce samedi 18 décembre, le soleil était au rendez-vous et nous réchauffait agréablement le visage. Après avoir préparé nos kits de matériels, cordes, combinaisons et vivres, nous nous mettons en marche, pour arriver une quinzaine de minutes plus tard devant l’entrée du trou.
Les premiers rentrent peu avant 10h, mais la progression est difficile. Il faut descendre un par un, en se laissant glisser le long d’un pan fortement incliné et très bas de plafond, avant de ramper dans des boyaux sur ce qui semble être une centaine de mètres. Une fois ces étroitures passées, le terrain se dégage un peu, s’ouvrant sur des espaces plus grands. Nous enchaînons des descentes encordées dans des puits, dont un de 22m comportant des vasques remplies d’eau à son sommet, qui se déversent sporadiquement sur nous lors de la progression.
Nous marchons et rampons, encore et encore, sur des parois plates, inclinées, humides et toujours glissantes. Jean-Marc (Caillou), Paul et moi, arrivons aux alentours de 16h30 à la rivière. Les autres, descendus plus tôt, nous attendent pour manger un morceau. 6h30 de descente pour arriver à -212m, c’est une belle progression au regard de la taille de notre groupe et des difficultés posées par la cavité. Après notre repas de fortune -mais incroyablement salvateur- nous continuons notre chemin, les pieds dans la rivière souterraine, sur 700m environ. Au-delà, un siphon se présente. Impossible d’aller plus loin sans équipement plus lourd. Nos accompagnants, aguerris, nous apprennent qu’il est possible de contourner la difficulté en passant par une chatière horizontale qui est à plus de deux mètres au-dessus du sol, et si étroite que je suis presque convaincu de ne pas pouvoir m’y faufiler.
Ayant atteint notre but, nous rebroussons chemin et entamons la remontée. Caillou et moi sommes en charge de déséquiper toute la grotte. La remontée est longue et fatigante. Nous refaisons surface un peu après 2h du matin. Le temps de se changer pour des vêtements secs, de ranger rapidement les cordes et autres matériels et de retourner aux voitures, mes lacets, gorgés d’eau, gèlent. Nous quittons ainsi les plateaux de Saint-Vallier à 3h du matin, les muscles vidés, mais le cœur léger.
Baume des Caranques









